Le Grand Père et le Loup !

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Le Grand Père et le Loup !


Cette histoire s’est passée au siècle dernier. A Viousse, le travail bat son plein pour tous les membres de la famille Vallet. Un soir d’hiver, la neige tombait, une bise féroce s’infiltrait par le moindre interstice, et pourtant, ce soir-là, le maquignon du coin prit sa charrette pour aller récupérer les veaux fraîchement nés dans la Grande Ferme Rouge entre Lemuy et Andelot en Montagne. Une fois arrivé, le maquignon ne manqua pas de charger plusieurs veaux à l’arrière de sa charrette, après leur avoir solidement attaché les pattes avec des cordes. Ne daignant pas traîner, il fut cependant invité à se joindre au dîner, comme le voulait la coutume. Il hésita. Non seulement à cause du froid et de la neige, mais aussi craignant l’attaque potentielle d’un loup qui d’après les dires, rôde dans les environs depuis plusieurs semaines. Il finit par se laisser convaincre et passa une agréable soirée, rassasié par un bon dîner arrosé de vin rouge et de goutte, « pour le tenir chaud pour son voyage ».

La nuit presque tombée, il repartit en dandinant, équipé d’une simple lanterne et laissant les chevaux tirer la carriole pour rejoindre la maison dont ils connaissent le chemin par-cœur. Les membres de la famille le virent disparaître dans la pénombre et la neige épaisse qui ne cessait de tomber.

Arrivant du côté d’Andelot, assoupi, il ne vit même pas  le Grand Père de Viousse qui quittait à pied le village pour se rentrer chez lui et n’entendit même pas ses salutations. Le Grand Père amusé, poursuit son chemin sans lanterne, se laissant guider par les maigres reflets de la lune sur la neige qui tombait. Après avoir passé le viaduc, il arrivait à mi-chemin entre Andelot et Viousse. C’est alors qu’il distingua dans la pénombre, une ombre mouvante à quelques pas de lui.

La bête se fixa, immobile, en se rendant compte de la présence du vieillard. Deux yeux luisaient dans le noir et le fixaient. Seul, dans la nuit et la neige, le Grand Père brandit son bâton de marche, seule arme de défense, et la bête s’anima violemment. Il se mit à frapper l’animal de toutes ses maigres forces à l’aide de son bâton.  

La porte de la maison s’ouvrit dans un grand bruit. Tout le monde était attablé dans la cuisine. Le Grand Père s’avança dans la lumière des bougies : du sang  sur les mains, vêtements et au visage.

– « Mais, que s’est-il passé ? » s’esclaffèrent les hommes.

– « J’ai tué le loup ! » s’écria le Grand Père.

– « Comment ça ? » demanda l’une des femmes qui aidait le vieillard à s’assoir.

– « J’ai tué le loup sur la route d’Andelot. Il m’a attaqué, et je l’ai tué. J’en ai brisé mon bâton. »

Les hommes ne perdirent pas une minute et s’habillèrent pour retourner voir la scène du combat. S’avançant dans le noir à la lueur des lanternes, ils suivirent les traces de plus en plus ensanglantées jusqu’à apercevoir, gisant à terre dans son sang, un gros animal. Ils s’avancèrent prudemment vers la bête inanimée, attentifs au moindre mouvement ou signe d’attaque. Ils furent alors stupéfaits de découvrir le cadavre battu à mort, non pas d’un loup, mais d’un veau ligoté, vraisemblablement tombé d’un chariot du maquignon.

 

D’après une histoire racontée par Dèdet Vallet (ERNEST 2)

6 thoughts on “Le Grand Père et le Loup !”

  1. ” Vallet” ou pas, un homme bourré est un homme bourré, le plus dur à entendre c’est que le grand père se bourrait la gueule comme n’importe quel ci devant , qu’il avait sans doute le vin mauvais et que la famille ne se faisait pas de soucis qu’il ne soit pas à la maison ce soir là ! hi hi (que celui qui n’a jamais péché………..)
    Taravent

    1. Mais en relisant qq années après, à la décharge du grand père de Viousse , ce n’est pas lui qui était éméché, selon le récit, mais bien le maquignon !! Peut-être s’était il quand même réchauffé aussi avant de partir d’Andelot, mais ce n’est que supposé.

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